Ce dimanche 11 janvier, Fedora, âgée de 14 ans, a été mortellement atteinte par un tir ciblé d’un policier à son domicile, Delmas 95. Selon les informations disponibles, le drame s’est produit dans un contexte d’altercation impliquant un agent de la Police nationale d’Haïti et la mère de la victime qui prenait la défense de cette dernière.
Le policier mis en cause est identifié comme Ricardin Jean-Pierre, agent 2 de la PNH, connu sous le sobriquet de<Toky>, domicilié à delmas95.
Au-delà de l’émotion et de l’indignation suscitées par la mort d’une mineure, ce dossier ravive une question récurrente et lourde de sens : l’usage de l’arme à feu par des agents qui sont censés garantir la securité des citoyens, y compris dans des situations qui relèvent du maintien de l’ordre domestique et non d’une menace armée. Fedora Vitté ne sera pas la première victime d’un policier dans un dossier présenté comme un incident autour d’un fil électrique ; une répétition qui interroge la formation, la discipline et surtout la reddition de comptes au sein de l’institution.
Dans un État de droit, l’uniforme ne confère ni impunité, ni privilège infondé. La PNH, à travers ses autorités hiérarchiques et les instances judiciaires compétentes, a l’obligation de faire toute la lumière autour de ce dossier. L’exigence de justice n’est pas une hostilité envers la Police; elle est au contraire une condition de sa crédibilité.
À l’heure où la confiance entre la population et les forces de l’ordre est déjà profondément érodée, le silence ou l’inaction seraient interprétés comme une approbation tacite. La république ne peut tolérer que des vies s’éteignent sans réponse institutionnelle claire.
Quand une adolescente meurt sous les balles d’un policier, qui protège réellement la population?
Et que reste-t-il du serment protéger et servir si la justice n’est ni immédiate, ni exemplaire?
Wandy Love Lalanne