Invité de l’émission « Ayisyen m ye » sur la RTVC, animée par Mathias Pierre, Cliff Coulanges a relancé un débat crucial autour du rôle de la diaspora dans le développement du football haïtien. Pendant près d’une heure d’échanges, le consultant sportif a mis en lumière les opportunités, mais aussi les contradictions, d’un système qui repose de plus en plus sur les talents évoluant à l’étranger, alors que le football local peine à s’imposer comme une véritable force.
L’un des grands moments de l’émission a porté sur la liaison entre les joueurs haïtiens de la diaspora et la sélection nationale. Cliff Coulanges a souligné que ces footballeurs, formés pour la plupart dans des académies européennes ou nord-américaines, apportent un niveau de rigueur, de professionnalisme et d’exposition internationale qui profite directement à l’équipe nationale. Selon lui, cette ouverture a permis à Haïti d’être plus compétitive sur la scène régionale et internationale.
La discussion s’est ensuite orientée vers la qualification d’Haïti à la Coupe du monde 2026, présentée comme un objectif désormais crédible grâce à l’apport massif de la diaspora. Coulanges a insisté sur le fait que la diversité des profils, mêlant joueurs locaux et expatriés, pourrait constituer une force si elle est bien structurée. Il a toutefois rappelé que cette ambition nécessite une vision claire, une planification rigoureuse et une fédération capable d’assurer la cohésion du groupe.
Cependant, l’émission n’a pas éludé les faiblesses persistantes du football local. Cliff Coulanges a reconnu que les championnats nationaux ne sont « pas trop en éveil », minés par le manque d’infrastructures, l’insécurité et l’absence de compétitions régulières. Cette situation limite l’émergence de nouveaux talents locaux et accentue la dépendance vis-à-vis des joueurs évoluant à l’étranger.
Mathias Pierre a également interrogé son invité sur le risque de marginalisation du football local face à la montée en puissance de la diaspora. En réponse, Coulanges a plaidé pour une approche complémentaire : utiliser l’expérience et les réseaux de la diaspora pour investir dans la formation, encadrer les jeunes et renforcer les clubs locaux. Pour lui, la diaspora ne doit pas remplacer le football local, mais servir de levier pour sa relance.
En conclusion, Ayisyen m ye a offert un espace de réflexion sur l’avenir du football haïtien, entre espoirs mondiaux et réalités nationales. Le débat a mis en évidence une évidence partagée : sans une véritable politique de développement du football local, l’apport de la diaspora, aussi précieux soit-il, restera insuffisant pour bâtir un système durable et compétitif sur le long terme.
LM