L’ annonce fait à jacmel par le Conseiller-Président Leslie Voltaire, confirmant le départ des membres du Conseil présidentiel de Transition (CPT) le 7 février 2026, marque officiellement la fin d’une structure déjà largement contestée. En déclarant qu’à parti du 8 février le Conseil ne sera plus légitime, le doyen d’âge du CPT acte une réalité politique que de nombreux observateurs dénoncent depuis des mois : l’épuisement d’un organe transitoire incapable de répondre aux urgences nationales.
Installé dans un contexte d’effondrement sécuritaire, institutionnel et social, le CPT n’a pas su incarner l’autorité, ni impulser une dynamique de redressement. Malgré les engagements initiaux et les signatures apposées au nom de la transition, les promesses de stabilité, de gouvernance efficace et de préparation crédible d’un retour à l’ordre constitutionnel sont restées lettre morte.
L’ insécurité persistante, l’absence de résultats tangibles sur le terrain politique et la faiblesse du leadership collectif ont progressivement vidé le CPT de toute crédibilité. Dans ce contexte, son maintien au-delà de la date prévue aurait constitué une prolongation injustifiable, voire une entorse supplémentaire à la légitimité déjà fragile de la transition.
Le départ annoncé du Conseil paraît ainsi non seulement conforme aux engagements pris, mais aussi nécessaire pour éviter l’enlisement institutionnel. Il met fin à un débat devenu stérile sur la prolongation d’un organe dont l’action n’a pas répondu aux attentes de la population.
Il reste désormais une question centrale: quelle alternative sérieuse, inclusive et responsable pour remplacer un CPT dont le bilan laisse un goût de gâchis?
Car si le départ du Conseil est justifié, l’urgence demeure celle de instituer une transition crédible, capable de restaurer la confiance publique et de mettre l’Etat haïtien sur les rails.
Wandy Love Lalanne