Haïti s’est réveillée endeuillée ce lundi 5 janvier 2026. Le professeur Jean Coulanges, anthropologue, artiste, intellectuel rigoureux et Secrétaire permanent de la Commission nationale haïtienne de coopération avec l’UNESCO, s’est éteint à l’âge de 84 ans. Avec lui disparaît une voix calme mais ferme, une mémoire vivante du patrimoine culturel haïtien, un homme qui avait choisi la connaissance comme forme de résistance.
Jean Coulanges n’était pas de ceux qui occupaient l’espace par le bruit. Il travaillait dans la profondeur, dans le temps long, là où se forgent les héritages durables. Anthropologue de formation, musicien par sensibilité, pédagogue par vocation, il a consacré sa vie à comprendre, documenter et transmettre les expressions culturelles haïtiennes, en particulier le patrimoine immatériel souvent relégué aux marges de la reconnaissance officielle.
À la tête de la coopération haïtienne avec l’UNESCO, il a œuvré sans relâche pour que la culture ne soit pas seulement célébrée dans les discours, mais protégée, étudiée et valorisée comme un pilier du développement humain. Il croyait profondément que l’identité d’un peuple ne se négocie pas, qu’elle s’apprend, se respecte et se transmet.
L’UNESCO, dans une note officielle, a salué la mémoire d’un homme dont l’engagement a renforcé les liens entre Haïti et la communauté internationale sur les questions culturelles, éducatives et scientifiques. L’Université d’État d’Haïti, où il a formé des générations d’étudiants, a également exprimé sa profonde tristesse, rappelant l’empreinte intellectuelle et humaine laissée par ce professeur discret mais essentiel.
Au-delà des titres et des fonctions, Jean Coulanges restera surtout un passeur. Un homme qui savait écouter avant de parler, observer avant de conclure. Un intellectuel qui n’a jamais dissocié le savoir de la responsabilité morale, ni la recherche académique de la réalité sociale haïtienne.
Dans un pays souvent meurtri par l’oubli et la discontinuité, sa disparition laisse un vide, mais aussi une exigence : celle de poursuivre le travail de mémoire, de dignité et de transmission qu’il a incarné toute sa vie.
À sa famille, à ses proches, à la communauté universitaire et culturelle haïtienne, la rédaction présente ses plus sincères condoléances.
Jean Coulanges s’en est allé, mais les chemins qu’il a ouverts demeurent.
Christnoude BEAUPLAN