Le secteur énergétique haïtien pourrait entrer dans une nouvelle phase de transformation avec la tenue prochaine des États généraux de l’énergie. Cette initiative, portée par le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), vise à établir un cadre de concertation nationale autour des défis structurels de l’électricité en Haïti. À l’occasion du sommet sur l’énergie organisé récemment à l’hôtel Montana, les principaux acteurs publics et privés ont échangé sur les pistes de réforme indispensables pour moderniser un secteur en crise.
Lors de cet événement, l’ingénieur Léonidas Pierre Davoust, coordonnateur de la cellule Énergie au MTPTC, a souligné l’urgence d’une approche collective. « Le pays ne peut plus avancer avec des solutions isolées. Il faut une vision nationale, un dialogue technique et politique », a-t-il déclaré. Selon lui, les États généraux permettront de réunir les institutions, les partenaires internationaux, les producteurs privés, ainsi que les communautés locales autour d’un même objectif : rendre l’énergie accessible, fiable et durable.
Le sommet du Montana a également mis en lumière plusieurs expériences locales jugées prometteuses. Des projets comme SIGORA dans le Nord-Ouest, EARTHPARK dans le Sud, ou encore la CEAC dans l’arrondissement des Côteaux illustrent de nouveaux modèles de production décentralisée. Pour l’ingénieur Davoust, ces initiatives prouvent que des solutions existent déjà sur le terrain, mais qu’elles doivent être intégrées dans une stratégie nationale cohérente, soutenue par l’État.
Dans cette perspective, le MTPTC entend mettre en place un comité de pilotage chargé de structurer les travaux préparatoires. Un plan quinquennal de modernisation est également en discussion, incluant la réforme de l’Électricité d’Haïti (EDH), l’amélioration des infrastructures et l’encouragement des énergies renouvelables. « Nous devons sortir d’un système fragile et dépendant, et construire un réseau énergétique adapté aux réalités du pays », a insisté le coordonnateur.
Les États généraux de l’énergie apparaissent ainsi comme une étape décisive vers une refondation du secteur. Alors que moins de 10 % de la population dispose d’un accès régulier à l’électricité, les attentes sont fortes. Le sommet de l’hôtel Montana aura servi de prélude à un chantier national majeur, où la gouvernance, l’investissement et l’innovation devront converger pour répondre à l’un des besoins les plus urgents de la société haïtienne.
LM